Le cri des sirènes
Après en avoir pris connaissance dans « La semaine de Metz », je revois ce matin un article dans le « Républicain Lorrain » concernant la prise de présidence du « Nouveau Centre » émanation de l’UDF, par Roland Roth, Maire de Blies Guersviller, Conseiller Régional et Président de la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluences.
Il s’agit en fait de la mise en place de ce parti politique de centre droit, suite à la scission de l’UDF entre les MoDem et la mouvance d’Hervé Morin, actuel ministre centriste de la Défense, rallié à Nicolas Sarkozy après le premier tour des élections présidentielles. Il me semble que l’intérêt de la démarche de François Bayrou était d’avoir, enfin, un centre indépendant et affirmé, qui n’était plus uniquement un supplétif à la droite, mais qui défendait son seul point de vue, en reconnaissant des valeurs aux deux bords de l’échiquier politique.
Je pense aussi que de nombreux Français furent séduits, avec raison, par l’analyse politique et l’ambition de François Bayrou. Pourtant, l’élection passée, les vieux démons ont repris le dessus et le débat politique fut de nouveau tronqué.
Aujourd’hui, la volonté de l’UMP au pouvoir, est d’avoir un parti qui canalise le centre en général et le centre droit en particulier. D’où la création du Nouveau Centre, qui se doit maintenant d’essaimer dans tout l’hexagone. A ma grande surprise, Roland Roth en a accepté la Présidence en Moselle.
J’apprécie beaucoup Roland Roth. Même si nous n’avons pas les mêmes visions politiques, je reconnais en lui un grand démocrate. Je l’ai connu Vice Président au moment de la venue de la Smart à Hambach, et j’appréciais déjà son efficacité. Devenu Président du District, puis de la Communauté d’Agglomération, il a su fédérer les maires et mettre en place une nouvelle collectivité qui porte en Moselle. Certes, je ne partage pas nécessairement ses choix, et souvent, j’ai eu l’occasion de lui faire entendre mes divergences de vues. Mais, contrairement à certains de ses collègues, il m’écoute en démocrate, en respectant mes propositions, en discutant de nos divergences, sans animosité et sans rancœur.
Je pense, que tous les deux, nous avons en commun, de faire de la politique, non pas par ambition personnelle mais plutôt par souci du service à nos concitoyens. C’est pour cette raison que cette prise de présidence m’attriste. Je considérais Roland plutôt comme un indépendant du centre qui sait composer avec tous ses collègues élus et recevoir les bonnes idées d’où quelles viennent.
Je crains hélas que ce soit aussi une erreur politique, car il devra être solidaire des échecs à venir, et j’oserais presque dire que c’est une erreur personnelle, car cela ne correspond pas à l’idée que je me faisais de Roland. J’espère seulement qu’il n’a pas cédé à l’une ou l’autre sirène du pouvoir contre une éventuelle promesse de strapontin... Ce serait dommage, car je pense qu’il n’a besoin d’aucun d’allié politique pour continuer demain son travail d’élu, ni du soutien de la Ville, ni de celui du Conseil Général, car la légitimité de sa présidence à la CASC, va bien au-delà de ces manipulations d’appareils.
Il est facile d’avoir des convictions, il est bien moins facile de les assumerLe . maire que je suis a souvent droit aux attaques dû à son engagement à gauche, mais j’y suis avec conviction, et chaque matin, je reste fier de ce j’accomplis dans cet esprit.