Etre heureux…

Publié le par Weber Michaël

La rentrée de septembre approche. L’été fut pourri, et la planète, comme pour se venger du sort qu’on lui réserve, nous apporte le soleil tant espéré hors saison. Nous avons tous attendu ce soleil bienfaiteur, nous l’avons espéré un peu tous les jours. Nombreuses furent les familles qui ont installé dans leur jardin des piscines gonflables ou en dur, dont ils n’auront pu profiter que très peu.

 

Mais ce matin, malgré ce temps, et même si je suis content de cette rentrée politique qui s’annonce, mon état d’esprit était un peu morose. La matinée fut pourtant très active en Mairie, les préparatifs de notre fête de la pomme de terre du 9 septembre battant leur plein.Les travaux ont repris dans le village qui, peu à peu,change de physionomie. Même si je peux me satisfaire de cette situation politique, nous avons tous dans nos vies des moments de tristesse pour plein de raisons personnelles.

 

Une amie me conseillait alors de m’installer au soleil sur la terrasse et d’écrire un article sur le bonheur. Curieuse proposition mais qui m’a assez vite séduit.

 

J’ai souvent été amené à parler du bonheur, notamment lors de célébration d’un mariage. J’ai aussi la vision théologique du bonheur, celle qui passe par la foi religieuse. Et puis, il y a tous ces instants magiques qui sont aussi des moments de bonheur, que certains résument en disant que "le bonheur n'existe pas, il n'y a que des instants de bonheur"...

 

Je pense que le bonheur est une sensation personnelle, qui n’est pas définissable. Les philosophes parlent souvent de la différence de l’Homme et de l’animal, en disant que l’Homme est capable d’exprimer un sentiment contrairement à l’animal, une espèce de conscience des choses, ce que mon professeur de philosophie adoré définissait en allemand par le « Selbstbewusstsein » humain en opposition au simple « Bewusstsein » animal.

 

Souvent, dans les discussions de famille, après avoir fait le tour de ce qui ne va pas dans nos vies quotidienne, on fini par dire « nos ancêtres étaient plus heureux que nous ». Oui, sans doute. Et ce discours me rappelle une autre leçon d’histoire, celle de l’Allégorie de la caverne, je ne peux m’émouvoir de ce que je ne connais pas. Si nos ancêtres étaient plus heureux, c’est sans doute parce que leur vie tournait autour de peu de choses. Un paysan était content du soleil qui faisait pousser ce qu’il avait semé, le cordonnier était content de la belle chaussure qu’il venait de réaliser tranquillement ce matin, la mère de famille était contente du bisou qu’elle venait de recevoir de son 6ème enfant, alors qu’elle lui faisait goûter la confiture encore tiède, avant de la mettre en pot…

 

Nous sommes sortis de cette caverne, et le monde s’offre à nous. La dimension des choses a changé, et le bonheur n’est plus subi, il est choisi. Nous maîtrisons tellement nos vies que nous arrivons à définir ce qui nous ferait plaisir, à le rechercher, à le trouver, à en jouir, à s’en lasser et...à rechercher un autre bonheur.

 

Luc Ferry parle du bonheur amoureux, l’un des plus satisfaisants dans nos vies. Il explique ce changement de comportement qui fait que nous sommes passés d’une fonction patrimoniale du mariage à une fonction amoureuse. Autrefois, la passion amoureuse était dénoncée, car elle portait en elle tous les excès. Aujourd’hui, la passion amoureuse est recherchée, car elle est décuple le bonheur. Les couples se font et se défont, mais l’essentiel reste le même, la recherche d’un bien être personnel, la recherche effrénée de l’amour.

 

Contrairement à beaucoup de nos concitoyens, je trouve ce monde plus beau et plus enrichissant. Certes, l’immensité du monde fait peur, évidemment cette recherche du bien- être est fragile, bien sûr que les atrocités que nous entendons chaque jour par voix de presse sont effrayantes, mais être acteur de la société n’est pas de se complaindre de la souffrance de l’autre, c’est de l’avoir à l’esprit pour mieux goûter ce tout petit instant de bonheur que j’ai sur ma terrasse avec mon chat Eole qui écoute avec malice le tapotis de mes doigts sur le clavier.

 

Je me réjouis pour tous ceux qui profitent avec bonheur de leurs derniers jours de vacances. Je pense à tous ceux qui sont si heureux d’avoir donné à l’occasion quelques jours de bonheur à leurs enfants. J’accompagne tous ceux qui sont heureux d’avoir trouvé un compagnon pour  faire ensemble un long  chemin. Je suis ravi pour ces anciens, qui au crépuscule de leur vie savourent cet été qui les raccroche à la vie. Je suis simplement content pour ce couple qui accueille un enfant dans sa famille, et je ris à tous ceux qui apprécient ces nombreux moments de bonheur aux côtés d’un animal qui leur est cher. Tous ont dû traverser des moments difficiles dans leur vie, mais tous apprécient ces moments de joies intenses.

 

Je pense à tous ceux qui sont tristes, ils obtiendront le bonheur.

 

Je n’ai pas le bonheur que je recherche, mais je savoure le bonheur que l’on me donne. Ce monde est si beau…

 

Soyons un peu plus heureux…

 

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Publié dans webermi

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