Noyons le requin dans un verre d’eau…

Publié le par Weber Michaël

Ce titre pourrait être la devise de ce cher Alex Staub, Vice Président UMP du Conseil Général de la Moselle et suppléant du député Céleste Lett.

Dans le magazine « Moselle » d’avril 2007, il s’exprime au nom de son groupe politique en tirant à boulets rouges sur la gauche en général et la région lorraine en particulier. Et bien entendu, son seul angle d’attaque est d’accuser la Région d’augmenter ses impôts alors même que le Département de la Moselle est connu comme étant l’un des plus conservateurs de France, celui , où aucune plus value au territoire n’est reconnue.

 

Philippe Leroy, son président, a érigé avec sa majorité, le clientélisme féodal en vrai système, donnant à chaque conseiller général un pouvoir apparent qui en fait un potentat craint et respecté par tous les interlocuteurs concernés.

 

Evidemment, l’argumentaire d’Alex Staub est truffé d’erreurs ou en tout cas, d’une certaine mauvaise foi.

 

D’abord en parlant de l’augmentation d’impôts de la Région , 18% pour l’année 2007, qui devrait rapporter une recette supplémentaire de 18 millions d’euros, alors que le surcoût des TOS est estimé à ce jour de 15 millions d’euros. A quoi, il faut rappeler que cet impôt ne touche de loin pas l’ensemble des ménages. L’augmentation de 12% des impôts du conseil général se fera à contrario sur des bases plus élevées et donc la recette sera plus importante et le coût pour le concitoyen aussi.

 

Et puis surtout, il y a ce que ne dit pas Alex Staub, car au royaume du clientélisme il est un expert. En effet le Conseil Général envisage pour supporter les transferts de charges décrétés par le gouvernement, de faire des économies ailleurs, en particulier en diminuant les subventions aux communes, et en permettant aux conseillers généraux d’attribuer des subventions comme des princes, sans règles précises, mais simplement selon leur humeur, ou leurs amitiés, au mépris de toute règle démocratique.

 

Et puis surtout, dans cet article apparaît la vraie vision de la solidarité qui est celle de la majorité UMP du Conseil Général.

J’entends encore, à cet égard, mon collègue Maire de Rouhling et Vice Président du Conseil Général, qui disait en tant que Vice Président de la CASC chargé des finances, que la dotation de solidarité était l’expression d’une belle solidarité de même que les fonds de concours.

 

La solidarité dans une collectivité, c’est de permettre que l’on exerce ses compétences pour aider ceux qui en ont le plus besoin, ceux qu’il faut aider à se développer.

Or Alex Staub prône, au contraire, que chaque euro versé par un contribuable mosellan à la Région retourne à la Moselle. Peu lui importe le développement de la Meuse par exemple, sans comprendre que le développement de nos voisins profite aussi à la Moselle. C ’était bien le principe de solidarité adopté par les institutions européennes par exemple qui pensent que c’est une incroyable opportunité pour l’Europe de l’Ouest d’avoir l’Europe de l’Est qui se développe. Entendre Alex Staub dire que la Meurthe et Moselle bénéficie de plus d’aides parce que c’est un département de gauche est faux et de mauvaise foi. Que ce soit avec Christian Poncelet, Président du Sénat et Président UMP du Conseil Général des Vosges, ou Christian Namy, Président UMP du Département de la Meuse , nous avons su établir un vrai partenariat. Le plan Meuse est unanimement reconnu, nous avons un vrai travail en commun sur les transports. Par contre en Moselle, Philippe Leroy n’a qu’un objectif : isoler la Région Lorraine. Nous ferons tout pour aller au-delà de ces positions partisanes, pour travailler dans l’intérêt de nos concitoyens.

 

Je reviens, pour finir, sur la solidarité vue par Jean Karmann.

L’essentiel des recettes viennent de la Smart à Hambach. La situation actuelle avec l’allocation de compensation est figée. Peu importe que les entreprises existent encore ou pas, la CASC verse toujours la même allocation depuis 2002.

 

Dans l’absolu, prenons un exemple : si demain la Smart disparaît, il faudrait prélever un nouvel impôt pour payer cette allocation de compensation. Au-delà de ça, la CASC a décidé de verser une dotation de solidarité calculée selon le potentiel fiscal et le nombre d’habitants. Ces deux critères sont obligatoires, mais rien n’empêche d’en rajouter d’autres. Nous avions évoqué des questions, celles des nouvelles entreprises qui s’installent dans les communes, y créent des nuisances et ne sont pas prises en compte ou encore celle du foncier bâti, qui reste à ce jour totalement dévolu à la commune d’accueil.

 

Après de nombreux débats, nous avons gardé ce système injuste, qui a deux défauts à mon avis :       

          -    il n’encourage pas l’initiative locale ;

-         il n’a rien de solidaire, car les difficultés des communes ne sont pas prises en compte, au risque d’aboutir à une situation, où certaines communes auront  les meilleures infrastructures et d’ autres qui ne seront plus que des cités dortoirs.

 

Qu’on m’explique où est la solidarité dans ce système. Enfin, dire que les fonds de concours sont un acte de solidarité, alors qu’il s’agit d’une somme certes importante mais identique quelle que soit la commune, sans prendre en compte, là encore, quelque critère que ce soit relève d’un pur artifice de langage destiné à noyer le poisson !

 

La solidarité est un credo à gauche, et je ne supporte que très difficilement cette droite décomplexée qui galvaude ce mot. Je crois que les actes, demain encore plus qu’aujourd’hui, nous donnerons raison, et que le masque finira par tomber, peut être plus vite qu’on ne l’imagine...

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Publié dans webermi

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