Un territoire équilibré
Intervention en séance du conseil régional sur la nouvelle politique d'appui territoriale
Monsieur le Président,
Mes chers collègues,
C’est en tant que Maire rural que je veux m’exprimer à cet instant.
Lorsque j’ai pris la tête de mon conseil municipal, en 1995, j’avais un seul objectif, transformer, moderniser, développer ce village et réaliser un peu mieux encore le Woelfling adapté à la réalité de notre temps.
Aujourd’hui, je suis satisfait, car j’ai la sensation qu’avec cette politique territoriale je vais pouvoir avancer plus vite pour transformer mon village.
Avec l’ensemble des maires ruraux de cette région et d’ailleurs, j’ai eu un grand espoir de voir enfin une solidarité active exister envers nos communes grâce à l’intercommunalité créée par le gouvernement Jospin en 1999.L’objectif affiché était clairement de faire de ces intercommunalités un outil de Solidarité, et de développement harmonieux pour tous. Mais, après quelques années de recul, maintenant, disons le, la déception est réelle.
Non dans le principe de l’intercommunalité mais bien dans ce qui en a été fait concrètement. Je ne veux pas sur ce sujet faire de politique politicienne, mais je dois bien constater Mesdames et Messieurs de l’opposition, que vous et vos collègues l’avez détourné de son principe pour en faire des lieux de pouvoir, des féodalités, vous mettez la solidarité à votre sauce, pour servir les intérêts… des plus grands, des plus forts. L’esprit solidaire de l’intercommunalité vous l’avez détourné, souvent pour créer faire de petites baronnies locales et faire payer aux petites communes les projets somptuaires que les grandes ne pouvaient s’offrir.
La politique territoriale que propose notre Majorité régionale aujourd’hui réhabilite le monde rural et rééquilibre les territoires, et croyez moi Monsieur le Président, Monsieur le vice Président, cher Christian, je vous en sais gré.
Pourquoi ?
D’abord cette politique part d’un constat, celui que l’écart entre les espaces urbains et les espaces ruraux éloignés des centres, tant à se déséquilibrer. Ainsi, notre volonté est d’apporter un développement solidaire et équilibré des territoires.
Le premier levier est celui de l’économie. Il est nécessaire de maintenir, mais encore plus de développer une économie dans les secteurs périurbains ou ruraux. Certes cela doit se faire en relation étroite avec les intercommunalités, car il s’agit d’une de leurs compétences. Or cette politique permet de lutter contre une trop forte concentration de l’activité économique qui se fait souvent au détriment de l’équilibre du développement territorial.
Pour soutenir cette activité économique, il nous faut évidemment garder les habitants et éventuellement en attirer de nouveaux. Or là nous sommes en pleins dans les préoccupations actuelles. Les dernières études de l’INSEE montrent un retour des populations vers le périurbain, voire le rural, mais nous courrons aussi un risque de déséquilibre.
Car si nos espaces restent villageois, nos populations dans leur mode vie et de consommation elles sont urbaines.
Nous pouvons construire des lotissements, souvent trop demandeurs d’espaces, alors que nos centres villages, ou bourgs meurent. Nous avons dans nos villages des bâtiments énormes, aménageables en logements, mais où ne vivent parfois qu’ 1 ou 2 personnes. Les centres des villages vieillissent et nous, élus, sommes totalement démunis face à cette situation. En cela, les propositions faites dans cette politique territoriale de permettre l’accompagnement d’étude puis la réalisation de logements publics est un outil que nos communes sauront apprécier.
Par ailleurs, Monsieur le Président, les familles qui viennent me rencontrer ont toujours les mêmes questions : avez une école maternelle, primaire… un commerce de proximité… une cantine scolaire, du périscolaire, une crèche. Et là nous sommes totalement démunis ! Aujourd’hui les 2 parents travaillent, et chacun veut une vie professionnelle. Il nous faut ces offres sur la politique de la petite enfance. Puisque les électeurs n’ont pas porté à la Présidence de la République notre candidate qui voulait créer un service public sur ce sujet, les maires sont toujours en première ligne pour répondre à ces attentes fortes, nécessitant là aussi, les dispositifs complémentaires que nous proposons dans cette nouvelle d’appui au développement territorial va dans le bon sens.
Dans quelques mois, j’aurai des réponses positives pour rassurer les parents séduits par le village qui m’est cher.
Enfin, pour couronner le tout, notre politique propose de protéger, d’améliorer le petit patrimoine pour avoir un meilleur cadre de vie. La population que nous accueillons est attentive au calme de nos villages.
Cette reconnaissance des territoires ruraux, me motive encore plus pour poursuivre demain mon action pour défendre et promouvoir ma commune de Woelfling. Chaque commune trouvera dans cette nouvelle politique territoriale de quoi engager de nouveaux projets au service de sa population. Comme sur d’autres thèmes, nous pouvons, chers collègues, être fiers d’avoir su mettre en place une politique cohérente, avec une stratégie à long terme de maintient de la population, dans un cadre de vie réhabilité, en encourageant le développement économique.
Et tant pis finalement pour ces petits barons dont je parlais précédemment. Ils ont cru que la Solidarité défendue par la loi de 1999 allait leur permettre de sortir des manuels d’Histoire la période des privilèges. Et bien notre vote je l’espère, nous remettons ces privilèges à la juste place où la nuit du 4 août 1789 les a rangés.