10 MAI 1981...ô temps, suspends ton vol...

Publié le par Weber Michaël

Contribution d'Angèle Dufflo, adjointe au Maire de Gros Réderching

 

Le temps d'un regard en arrière, j'ai ressorti un album photo des années Mitterrand que m'avait offert un de mes enfants...

Généralement, je déteste cette nostalgie qui veut qu'on se penche   avec émotion sur un passé qui ne sera plus.

 

La première image qui s'imposa à mon regard était sous-titrée : 21 mai 1981.

 

Ce jour-là, le président Mitterrand s'était rendu au Panthéon pour déposer une rose sur la tombe de Jean Moulin.

Un léger vague à l'âme mais aussi  des pensées  de tendresse eurent raison de ma nature « endurcie » tant il est vrai que les images empêchent  les visages de s'absenter à jamais.

 

J'ai mesuré l'empreinte profonde  de ces années de gauche. Elles avaient façonné définitivement ma pensée et inspirent encore, et plus que jamais,  mes choix de vie.

 

Et je ne peux m'empêcher d'établir un parallèle avec l'entrée en présidence de Nicolas Sarkozy et de remarquer, une fois encore,  l'inadéquation entre le discours et les actes.

 

Rappelez-vous son discours d'intronisation du 14 janvier 2007, un discours lyrique aux accents gaulliens exhortant  aux valeurs de la patrie et à la grandeur de la  France.

 

Son premier acte de président élu sera un démenti cinglant à ce discours qui n'était en réalité qu'une soupe que le bon peuple est venu boire au calice.

La rhétorique troublante de Nicolas Sarkozy, défenseur d'une France de l'autorité, du travail, de la morale, de la mère patrie, ce n'était donc qu'un artifice de langage.

 

En allant dîner au  Fouquets en compagnie de ce qu'il est convenu d'appeler des  people, méprisant les quelques 30.000 personnes venus l'acclamer, Nicolas Sarkozy a définitivement rompu avec l'image du président de la république dans laquelle des millions de Français reconnaissaient le rassembleur, le guide, l'inspirateur...

En étant absent des cérémonies du 8 mai, Nicolas Sarkozy donne l'impression de fouler aux pieds les valeurs de la patrie.

Aller croiser dans les eaux bleues de la Méditerranée quand le devoir le plus élémentaire impose au chef d'état d'être près de ceux qui l'ont choisi pour accomplir avec eux le nécessaire devoir de mémoire, c'est non seulement une erreur politique, c'est une insulte à l'histoire.

Et je m'interroge, comment nos élus locaux qui épinglent des médailles au revers des vestons expliquent-ils à nos concitoyens cette réécriture de l?histoire ?

 

Etait-ce donc ça la rupture tant annoncée ???

L'image donnée par ces premières heures de président élu n'est pas en adéquation avec un électorat qui, pour certains, vivent dans des conditions difficiles ni avec la réalité économique du pays ni avec notre tradition historique.

 

Bien au-delà de cette rupture de style, je suis triste mais aussi révoltée pour tous ces Français qui, en toute bonne foi, lui ont fait confiance.

Je voudrais leur dire que tout n'est pas perdu.

Je voudrais leur dire qu'il ne faut pas donner à cet homme tous les pouvoirs tant ceux qu'il a actuellement sont déjà mal utilisés.

Je voudrais leur dire que la Gauche sera toujours porteuse d'espérance, faisons-lui confiance.

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Publié dans webermi

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