Du bon usage de la démocratie...

Publié le par Weber Michaël

Contribution d'Angèle Dufflo, adjointe au Maire de Gros Réderching

Nicolas Sarkozy, nouveau chef d'état légitimé par 53% des Français.

En démocrates convaincus, nous ne pouvons que nous incliner devant la décision du peuple souverain.

Bien sûr, nous sommes tristes après tant de ferveur et d'espérances.

Bien sûr, nous portons une immense déception tant les valeurs de justice, de progrès social de respect et de tolérance, toutes ces valeurs de la gauche éternelle, nous craignons qu'elles ne soient remisées au « magasin des souvenirs ».

 

La démocratie a donc parlé, pour autant, qu'on se méprenne pas sur le mot.

 

L'idée démocratique, ce n'est pas « l'illusion mortelle » qu'on voudrait nous asséner et qui serait le pouvoir unique du peuple sur le peuple (à fortiori lorsque le peuple ne représente que 53% des votants).

 

L'idée démocratique, c'est gouverner dans un sens favorable à la justice par-dessus les factions et les partis en vue de l'intérêt général. Et pourtant...Cet exercice sera rendu extrêmement difficile au nouveau président tant les pressions de l'UMP qui a des intérêts de pouvoir propre sont fortes.

 

L'idée démocratique, ce n'est pas la mystification de la vie politique autour d'un chef charismatique incontestable et incontesté parce qu'il apparaît clairement aujourd'hui que les Français n'attendent pas un nouveau Messie qui connaît intrinsèquement ce qui est Bien et ce qui est Mal. Nous le savons, en politique, il n'y a pas de vérité exclusive.

 

L'idée démocratique, ce n'est surtout pas la concentration des pouvoirs aux mains d'une personne ou d'un groupe. Il est  illusoire de laisser croire,  avec la meilleure volonté et la plus belle ardeur du monde, qu'on peut remplir correctement deux mandats lourds comme celui de député et de maire d'une grande ville.

En un temps où la décision politique est devenue plus complexe et plus technique, en un temps où les citoyens demandent à être plus proche de leurs hommes politiques, le mandat unique semble être une des exigences de la démocratie.

La droite n'est pas particulièrement favorable à cette disposition, on connaît leur excuse : le mandat local donnerait à l'élu national une meilleure connaissance de la base, un ancrage de terrain.

Imaginez la vie trépidante et agitée de cet élu : les réunions auxquelles il arrive forcément en retard, les serrages de mains , la séance à la télé locale, la course vers la gare, deux jours à Paris, trois jours en province...C'est la certitude d'un travail mal assuré.

 

Il est plus que temps  de voir l'appel d'air démocratique, il est urgent de prendre en compte l'aspiration des citoyens à être des acteurs de la vie politique.

 

La société a changé, l'opinion a bougé, le mot démocratie est appelé à revivre, c'est une des leçons de ce scrutin et le nouveau président devra en tenir compte au-delà des petits jeux du pouvoir.

 

Le parti socialiste,  ses élus et ses militants restent vigilants et mobilisés, d'autres combats les attendent...

Alors au-delà de notre tristesse, nous disons à nos concitoyens qu'il est vital de préserver un espace de liberté pour éviter une concentration des pouvoirs. Les élections législatives toutes proches leur en donneront l'occasion.

 

J'aimerais vous faire part de la conclusion de l'édito de Laurent Joffrin paru  dans LIBE lundi «  Il reviendra le temps des cerises. Dans l'immédiat, c'est le temps  des noyaux. COURAGE !!!

 

Nous y croyons au temps des cerises !!!

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Publié dans webermi

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