Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 14:10

 

 

 

Depuis mon entrée au PS en 1997, j’ai toujours défendu une approche environnementale du projet socialiste. Je me souviens de ce temps pas si lointain où les cadres du parti laissaient cette thématique à nos partenaires Verts, grande erreur tactique et politique. Je crois en effet que le PS apporte plus à l’écologie, à l’éco-responsabilité que les Verts en raison de son approche sociale.

 DSC0096Pour moi l’Homme n’est pas dissociable de son environnement et comme le dit si bien Bernard Delhay, Président du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN), il est un élément de la biodiversité.

 

Mon engagement au Parc Naturel Régional des Vosges du Nord n’est donc pas un hasard.  J’essaie en permanence de montrer que l’activité humaine est conciliable avec le respect de notre environnement. Nous avions à cet égard une manifestation samedi 05 novembre qui me tenait particulièrement à cœur. Il s’agissait de la remise de prix « éco-rénovation ».  Ce sujet répond à trois aspirations essentielles dans un territoire rural :

1° il réhabilite le savoir faire des nos artisans et de nos techniciens de la construction ;

2° il permet de répondre aux attentes dans l’utilisation des matériaux et en terme d’économie d’énergies ;

3° il offre l’opportunité de densifier nos centres bourgs.

 

Réhabiliter nos savoirs faire

 

Nous avons dans notre secteur un tissu de petites entreprises souvent familiales extraordinaires. Le mode de construction de ces dernières années a changé le rapport entre les différents corps de métiers. L’architecte est devenu un dessinateur plus qu’un maître d’œuvre. L’exigence liée aux matériaux nouveaux utilisés oblige ces différents protagonistes de la construction à se regarder. L’architecte doit créer du lien entre le charpentier qui va imaginer sa construction en ossature bois avec  l’entreprise qui va poser le béton de chanvre, hyper isolant, ou avec celui qui installera les fenêtres en bois. Pour être efficace énergétiquement les prescriptions de pose de ces différents matériaux sont draconiens d’où la nécessité de pouvoir à nouveau se regarder. Nos artisans locaux, demandent cette reconnaissance de leur savoir faire, ils attendent la réhabilitation de leur énergie grise et ils ont compris que s’ouvraient à eux par ce biais là de nouvelles opportunités. Le prix « éco-rénovation » nous est possible grâce à notre partenariat avec la « Fondation pour le patrimoine » qui récupère des fonds provenant des collectivités, de grosses entreprises (Electricité de Strasbourg pour ce qui nous concerne) ou de petites entreprises locales qui veulent par ce biais là récréer le lien avec leur territoire, et ce encore plus depuis que la Taxe Professionnelle a disparu. Le Parc a pour but de fédérer ces acteurs pour proposer une filière de l’éco-rénovation, avec l’utilisation de matériaux locaux et d’une filière courte pour créer de la « valeur ajoutée », donc de l’économie locale.

 

 

Réponde aux défis énergétiques à venir

 

La question d’énergie est devenue une source d’inquiétude pour nos concitoyens. Le coût de l’énergie pèse de plus en plus dans le budget des ménages et ce en particulier dans le monde rural. Il représente 11,3% du budget en zone rurale contre moins de 5,7% en région parisienne. Or les ruraux, et néo-ruraux se trouvent bientôt piégés par ce choix d’habiter la campagne. Beaucoup de nos concitoyens sont venus s’installer à la campagne pour la qualité de vie qu’ils y trouvent. DSC0091Mais parallèlement les habitations sont souvent des passoires énergétiques, en particulier pour les maisons des années 70 et 80, et ces ruraux sont obligés d’utiliser leur automobile pour la plupart des actes quotidiens. Déplacement pour l’accès à la culture, déplacement professionnels, pour l’accès à l’école, etc… Le coût du pétrole impacte donc aussi le budget consacré aux déplacements.  Il est donc de notre responsabilité d’anticiper l’explosion du coût de l’énergie. Dans la mobilité certes, nous y travaillons avec les Départements et les Régions, Autorité Organisatrice de Transports, mais pour l’habitation aussi. A cet égard, les exigences du Grenelle de l’Environnement sont une bonne avancée.  Dans le Vorarlberg en Autriche, la référence en terme de construction et le bâtiment passif, là où en France la référence est la RT 2012, passant de 150KWh/an/m²  (RT2005) à 50KWh/an/m² (RT 2012), loin encore du Vorarlberg.  La RT 2012 est applicable pour les constructions neuves à compter du 1er janvier 2013. Le bâtiment passif du Vorarlberg, lui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, c’est dire le chemin qu’il nous reste à parcourir pour atteindre ce niveau d’exigence. Là où nous voulons aller plus loin, c’est de monter que dans la rénovation ces niveaux d’exigences peuvent être atteints. C’est pour cette raison que nous avons souhaité mettre en place ce prix de l’éco-rénovation qui accorde au projet le plus exemplaire une aide de 5.000€. Le projet le plus méritant se trouve cette année à Lamperstloch, où une ancienne ferme alsacienne est en pleine rénovation. J’ai souhaité aussi que l’on mette en avant une rénovation du côté mosellan. En effet les mosellans ont du mal à considérer que nos fermes sont un élément de patrimoine comparativement aux maisons alsaciennes tellement plus typiques. Nous avons là encore de gros efforts culturels à faire. Nous avons  donc honoré la famille Lauer à Eschviller qui a rénové une ancienne ferme.  Au-delà de l’exemplarité de la rénovation, nous mettons bien entendu un point d’honneur à l’utilisation des matériaux éco-responsable. Les lauréats de cette année ont utilisé du chanvre ou de la paille pour l’isolation, du chauffage au bois s’il était nécessaire, du bois local pour la charpente, des fenêtres triple vitrage, etc…

Réhabiliter le savoir faire de nos artisans, répondre aux objectifs énergétique avec des matériaux éco-responsables pour attirer une nouvelle population.

 

Densifier nos centres bourgs.

 

Tous les Maires font le même constat. Nos centres bourgs se dépeuplent et concentrent la misère sociale. Dans les gros villages, les pauvres vivent dans des habitations délabrées situées dans le milieu du village. Tout autour se sont construits des lotissements pour des gens plus aisés qui avaient les moyens d’acheter des terrains de 7 à 9 ares pas trop chers pour y construire des maisons trop grandes. Nous assistons à un déséquilibre croissant qui commence à avoir des conséquences sociales. Les commerces désertent le centre village et les lotissements sont devenus des dortoirs. Comment casser cette évolution ? Comment attirer une nouvelle population dans les centres bourgs ? L’un des réponses passe à mon sens par la requalification urbaine qui est une vraie opportunité pour la ruralité. Le Grenelle de l’Environnement va contraindre considérablement l’extension de nos villages, pour ménager les espaces agricoles. Les SCOT (Schéma de Cohérence Territorial) vont pousser à la concentration urbaine au détriment du monde rural. Le risque si nous ne réagissons pas est de voir nos campagnes se vider. DSC0084Il nous faut d’abord ré-imaginer les extensions urbaines et les lotissements de demain, en utilisant moins d’espace et en concentrant les populations sur un espace donné tout en garantissant la qualité de vie que l’on attend dans le monde rural. Nous avons à ce titre accompagner des lotissements exemplaires à Reyersviller ou à Lohr. Mais c’est aussi d’utiliser ces volumes énormes que nous avons dans nos villages. Nous devons accompagner la rénovation de qualité de ces bâtiments qui offriront demain des logements à très faible coût énergétique  à la campagne, condition sine qua non pour rester attractif demain. Les propriétaires sont aujourd’hui démunis face à ces situations. Le dispositif mis en place appelé « Mut’Archi » permet d’apporter un conseil gratuit sur les opportunités offertes par ces volumes de ferme trop important pour y voir vivre un couple ou une personne seule. Nos architectes conseils proposent leur expertise pour énoncer les possibilités d’aménagement, laissant ainsi le projet murir dans l’esprit du propriétaire. De plus en plus de projets fleurissent ainsi sur notre territoire. Mais il manque quelques outils pour accélérer le mouvement de concentration urbaine en milieu rural. L’incitation, incitation financière, face à ces coûts d’investissements très lourds. Je crois ces incitations nécessaires, car elles permettent de répondre à une nouvelle forme d’organisation sociale dans nos villages, elles créent de l’activité pour nos artisans locaux et donc apportent de la valeur ajoutée que l’on pourra demain réinvestir, enfin ces incitations permettent de donner une image de modernité pour ces territoires ruraux qui aspirent à être éco-responsables.

 

DSC0121C’est l’un des combats que je veux mener au Parc, mais aussi dans les autres responsabilités politiques que j’ai. Comme d’autres j’ai totalement changé mon rapport à l’urbain, à la construction, mais c’est une nécessité, tant le modèle urbain de ces 30 dernières années est un non sens écologie et environnemental et un danger social.

 

Par Weber Michaël
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