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Jeudi 19 février 2009

Depuis quelques jours, la presse se fait l’écho de la nouvelle qui nous a tous soulagés, à savoir le retour d’un Régiment sur Bitche…

 

Je veux d’abord dire à quel point je me réjouis du maintien d’une présence militaire à Bitche. Je suis attaché à Bitche et à son pays, j’y ai mon cœur, et si je m’investis au Parc des Vosges du Nord, c’est aussi pour amour de ce territoire.

 

Céleste Lett s’arroge la victoire. Il le peut, car il en fut le principal acteur. Gérard Humbert aussi s’est investi  dans cette mission avec réussite.

 

Mais revenons aujourd’hui sur ce feuilleton des quelques mois passés. L’occasion aussi de rétablir un certain nombre de vérité qu’on essaie, un peu vite, d’oublier aujourd’hui.

 

Premier acte.

 Au cœur de l’été, comme un lâche, le gouvernement annonce la fin du 57è RA dans le cadre des restructurations militaires. Ce sont, à travers le pays, 58.000 emplois en moins, 80 bases militaires qui ferment… Une véritable saignée ! Ce sont près de 30 usines SMART qui ferment ! Mais on ne parlait pas encore de crise mondiale cet été. Tout allait bien pour l’équipe Sarkozy, les possédants heureux des 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux, le CAC 40 à son plus haut niveau, le chômage en baisse, les caisses de l’Etat tellement vides qu’il n’est pas question de débattre du pouvoir d’achat. Depuis patatras... il est clair qu’aujourd’hui ces restructurations seraient remises à des temps meilleurs.

 

Les garnisons les plus touchées ? Celles d’élus de gauche... Metz qui perd 6.000 militaires, Commercy dont le Maire est socialiste, Dieuze qui obtient quelques compensations en personnel, Luxeuil qui sauve son honneur grâce à son député UMP et… Bitche qui perd son régiment.

 

Alors oui, Hervé Morin nous dit que l’armée n’est pas là pour faire de l’aménagement du territoire !

 La Défense pourtant c’est bien l’Etat, c’est bien la solidarité nationale qui en est le financeur !! En quoi cette solidarité nationale n’irait-elle pas en soutien aux territoires les plus fragiles ?

 

Et là, entre en scène Céleste Lett.

 Acte deux.

Une manifestation où tous sont sollicités, élus, population, commerçants, puis une entrevue avec le Président Sarkozy pour lui rappeler sans doute que le pays de Bitche est fidèle à l’UMP… ?! Et pourquoi avoir attendu ? Si le député avait fait ce lobbying avant, en décembre, lorsque le précédent maire, Edmond Stenger agitait le chiffon rouge, peut être n’en serions nous pas arrivés jusque là ?

 Et puis, on peut légitimement se poser la question de la concertation au moment de la  décision de cette réforme.

 Pourquoi les députés n’ont-ils été consultés sinon  associés à cette réforme ?

 Quel mépris pour la représentation nationale !

 Ce manque de concertation en amont a été dénoncé, jusque et y compris dans les rangs de la majorité, à travers le coup de gueule de Christian Jacob, ancien ministre UMP qui n’accepte pas, lui, d’être mis devant le fait accompli...

 

Le Président Sarkozy promet de venir à Bitche avant fin 2008. Nous sommes bientôt en  mars 2009, il n’est toujours pas venu, comme d’ailleurs il n’est pas retourné à Gandrange malgré ses promesses. Et pourtant, il aurait pu venir nous parler de ruralité au lieu d’aller dans les Vosges…

 

Acte trois.

Après discussion avec la chancelière allemande, le 16 Régiment de Chasseurs part de Saarburg pour Bitche. Sauvée…

 Bitche renaît, tout le monde semble heureux, à raison.

 

Quels enseignements tirer de cette pièce de théâtre ?

 

1° Le gouvernement veut réformer au mépris de toute concertation, au mépris de l’emploi, au mépris de l’aménagement du territoire et de la solidarité des territoires.

 

2° On peut toujours s’interroger sur le travail de Céleste Lett, député, à l’Assemblée Nationale. Couper les rubans dans sa circonscription c’est bien, faire du lobbying pour défendre son territoire à Paris, c’est mieux,  mais ne saurait toutefois  se limiter à une petite tape dans le dos de Xavier Bertrand.

 

3° Se poser comme sauveur de Bitche, alors que, par négligence, Céleste Lett en fut le fossoyeur est un  peu cavalier. Certes, il est en première ligne, mais a t-il oublié tous les élus qui se sont mobilisés, qui ont signé un courrier commun, toutes tendances confondus, qui travaillent depuis  des mois pour sortir Bitche de l’ornière et offrir un véritable  avenir économique à ce territoire.

 Le mépris qu’il affiche à l’égard de certains élus, ne l’honore pas. Une certaine élégance  aurait voulu qu’il associe tous ceux qui se sont mobilisés pour une issue heureuse de ce dossier.

 

4° Quid de l’avenir de la présence militaire à Bitche ? Le contrat de site se réduit malgré les engagements de l’Etat à 3 millions d’euros. Soit pour se faire pardonner, cette aumone nous est donnée pour dommage et intérêts, soit au contraire cela signifie simplement qu’une prochaine vague dans quelques années, après les prochaines élections législatives, par exemple, fera définitivement partir les militaires de Bitche. A nous d’être vigilants !

 

Ce qui me semble essentiel aujourd’hui c’est :

 

1° de continuer le travail initié par Mme la Sous Préfète.

 Bitche doit se préparer à l’après 2012, trouver sur son territoire les moyens de son développement économique. Cela passe par le tourisme, par les énergies renouvelables, par une industrie et une activité économique de proximité. Tous les acteurs y travaillent, les communautés de communes, le Parc des Vosges du Nord, les grands élus de ce territoire, les Chambres consulaires.

2° de rester très vigilant.

 Pas seulement sur la pérennité de la présence militaire, car on peut s’interroger sur la pertinence stratégique d’une présence militaire à Bitche. A titre personnel, j’y crois, au regard de la proximité de l’Allemagne, de la mutualisation possible des moyens de la qualité des infrastructures, mais ce ne semble pas être l’avis de l’Etat- Major. Mais surtout, il nous faudra  être vigilant sur l’engagement financier de l’Etat.

 En remettant un régiment à Bitche, l’Etat reconnait que l’armée participe à l’aménagement du territoire, mais aujourd’hui ce gouvernement doit nous dire quel sort il réserve aux territoires ruraux.

 En tant qu’élus, nous avons une énorme responsabilité dans la construction de l’avenir bitchois. Nos projets doivent être structurants, il ne s’agit pas d’accepter n’importe quoi juste pour la beauté des chiffres, nous devons profiter de ce formidable défi pour offrir une vraie alternative de qualité à Bitche. Ce sera un travail de longue haleine, mais c’est aussi une opportunité pour montrer qu’un territoire rural peut se construire un avenir durable si on lui en donne les moyens.

 

Oui, je suis heureux pour les Bitchois, mais je reste vigilant avec eux, pour que chacun s’engage et respecte la parole donnée.

 

Et puis, à notre député qui semble vouloir s’arroger un peu vite, à lui  seul, cette bonne nouvelle, feignant l’humilité et la modestie tant dans les articles de presse que dans ses prestations télévisuelles,  je soumets cette phrase de Golda Meir « Ne soyez pas humble, vous n’êtes pas assez grand pour cela ».

Par Weber Michaël
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